RAPPORT DE L’OBSERVATOIRE 2016

 
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Le rapport du réseau international de Médecins du monde (MdM), fondé sur les données médicales et sociales collectées en 2015 dans 31 villes de 12 pays et intitulé L’accès aux soins des personnes confrontées à de multiples facteurs de vulnérabilité en santé, révèle une fois de plus leur exclusion des systèmes de santé de droit commun.

L’accès aux soins demeure inéquitable pour les personnes les plus vulnérables en Europe, telles que les femmes enceintes et les enfants. Nos chiffres témoignent de cette réalité particulièrement inquiétante :

  • 68% des personnes rencontrées n’ont pas de couverture santé (y compris les femmes enceintes)
  • 54% des enfants ne sont pas vaccinés contre la rougeole, les oreillons et la rubéole et 32% contre le tétanos
  • Plus de 40% des femmes enceintes n’ont pas eu accès à des soins prénataux avant leur visite dans un centre MdM ou d’un partenaire. Près de 60% n’ont pas été testées (VIH, VHB, VHC) et ne savent pas où aller pour être dépistées.
  • Près de 60% des femmes enceintes en situation administrative précaire limitent leurs mouvements de peur d’être arrêtées.
  • Enfin, seuls 3.1% des patients ont cité la santé comme l’une des raisons de leur migration. Les trois quarts des porteurs de pathologies chroniques ont découvert leur maladie une fois arrivés en Europe. Pourtant, le mythe de la migration pour soins continue d’être répandu.

Les multiples actes de violence vécus par les patients devraient sensibiliser les autorités sanitaires aux besoins des migrants/réfugiés : dans chaque pays, des conditions d’accueil et des soins adaptés doivent être mis en place.

« 2015 restera pour nous tous l’année où la solidarité internationale avec les migrants et les réfugiés a révélé sa force et ses faiblesses. Cette force s’est illustrée au travers de la solidarité mise en place par les citoyens de toutes les nationalités qui se sont organisés pour aider les migrants et répondre à leurs besoins et leurs espoirs. La vraie déception est venue de la plupart des gouvernements européens incapables de s’accorder sur des règles communes permettant de fournir une réponse respectueuse des besoins des personnes fuyant des guerres, des conflits et des situations menaçant leur vie » explique Dr. Françoise Sivignon, Présidente de Médecins du Monde France

Face à cet échec, Médecins du Monde demande aux Etats membres et aux institutions de l’UE:

  • L’accès de tous aux systèmes de santé nationaux, fondés sur la solidarité, l’égalité et l’équité.
    • Les femmes doivent avoir accès aux soins périnataux, à un accouchement sécurisé et à l’avortement si elles le veulent.
    • Les enfants doivent avoir accès aux programmes de vaccination nationaux et aux soins pédiatriques.
  • Des conditions d’accueil appropriées (abris, installations sanitaires et d’hygiène, soins, accès à l’information, etc.), en accord avec les standards de l’intervention humanitaire
  • La mise en place de voies d’accès légales et sécurisées, avec la possibilité de demander le droit d’asile dans le pays de son choix.
  • Des conditions d’accueil et de protection juridique satisfaisantes, spécifiquement pour les femmes et les enfants, qui représentent désormais la majorité des migrants/réfugiés:
    • Les Etats membres et les institutions de l’UE doivent arrêter immédiatement la détention des mineurs et mettre en place des structures adaptées aux enfants isolés
Contact presse : Sylvie Martin, Médecins du Monde, T : +352.671.045.674, smartin@medecinsdumonde.lu

 

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